Que dire à l’entourage ?

S’écouter et se respecter pour mieux communiquer

Les parents ont perdu un enfant et non un « embryon »; reconnaître cette vérité leur donne un statut légitime de parent et donne aussi un statut à leur enfant disparu. Cela leur permettra de se relever de cette épreuve en acceptant ce qui a été et ce qui pourrait être différent à l’avenir…

  • être à l’écoute de leurs besoins et de leurs demandes exprimés : en effet, la plupart des parents ont besoin de parler de cet enfant qui a existé, qui est né, qui est nommé pour faire reconnaître leur parentalité et leur souffrance;
  • accepter leurs émotions, sans avoir peur, mais peut être même en acceptant de les partager avec eux : ils seront touchés par votre empathie et non blessés par votre distance;
  • chaque histoire est unique, chaque être la vit à sa manière et il en est de même pour la douleur qui l’accompagne : il n’y a pas d’échelle d’évaluation pour une telle douleur psychique et l’âge de l’enfant ni change rien …;
  • l’espace temps n’est pas le même pour un parent violemment confronté à la perte de son bébé et de tous les projets qu’il avait projeté : cet événement ne peut s’oublier mais avec du temps, et surtout sans limite de temps, c’est le quotidien qui s’accommode et la douleur qui s’apaise; ne cherchez pas à sortir le parent trop vite de ce qu’il a à vivre maintenant, qui est nécessaire à sa reconstruction; Le deuil est un long présent qu’il ne faut pas remettre au futur…
  • reconnaître et respecter la rencontre entre le parent et son enfant mort : c’est une véritable rencontre qui a toute son importance dans l’acceptation de la perte et le deuil de l’enfant né sans vie. Proposer d’aller voir ce bébé témoignera aux parents de votre sensibilité et de l’importance que vous donnez à cet événement de vie/mort qui s’encre dans l’histoire familiale. 

Ne pas parler mais direFamily pictogram

  • Les parents doivent avoir l’espace et le sentiment de permission pour exprimer leurs besoins respectifs, librement, et être entendu en retour. Parfois, ils peuvent se montrer exigeants, agacés par votre impuissance à les aider. Il est important de leur exprimer en retour sans les accuser: les troubles de l’humeur, l’indécision, l’agacement font partie du processus de deuil et sont difficiles à tolérer pour le parent, pas la peine de lui rappeler;

 

  • Les parents ne veulent pas entendre dire ce qui vous semble bon pour eux, leur montrer votre empathie en passant par la symbolique leur suffit (mettre un sujet à connotation du bébé dans le sapin chaque année, un tableau, un dessin au mur puisqu’il n’y a pas de photo heureuse, une fleur blanche pour l’anniversaire ou autre événement…) les mots utilisés ne seront jamais justes et pourront parfois même être violents et maladroits, sans intention, alors qu’une attention même discrète sera très appréciée et apaisante : par ce geste, vous donnez une place à cet enfant et vous partagez la peine que son absence suscite.

 Et lorsqu’il n’est pas possible de dire, parce qu’aucun mot ne soulage, il suffit parfois de prendre dans les bras, de poser une main, d’Etre là, simplement, et même sans comprendre. La Présence bienveillante apaise quand les mots déplaisent ….

  • Prendre en compte les dates importantes qui fragiliseront pour les années à suivre, les parents. C’est justement dans ces moments là qu’il est important de symboliser pour marquer un anniversaire, un noël, une fête… parce que cet enfant fait partie de la famille et de la vie de ses parents, même s’ils ont eu d’autres enfants…
  • Partager et verbaliser sa peine, sa tristesse d’avoir aussi perdu cet enfant que vous aussi, vous attendiez dans votre vie, permet de « dépressuriser » la relation, et d’éviter aux parents de se sentir exclus et seuls à vivre la tristesse.

Les émotions sont une forme de relation, ne les cachez pas, les parents seront en retour touchés par ce que vous acceptez de leur montrer. Vos émotions cachées feront forcément penser que vous êtes indifférents… Ce que les Valeurs Sociales et Collectives ne permettent pas, la plupart des parents endeuillés l’attendront …

L’association est là pour vous, familles endeuillées

 Il est souvent difficile de se rencontrer dans une situation de deuil et de perte. Chacun porte sa douleur, se protège pour ne pas se laisser submerger… Chacun selon la place qu’il occupe et celle qu’il n’aura pas auprès de cet enfant disparu… parent, grand-parent, oncle, tante, …. cet enfant qui doit avoir place dans la lignée familiale malgré son court passage… Comment entendre la douleur de chacun pour accepter les différences et en faire une force de vie, ensemble?

  • Le coupleCouple on meadow, black silhouette

Il est une personne « morale » à part entière, constituée de deux personnes « physiques »: 2 = 3
Lorsque les parents souffrent de la perte de leur enfant, c’est aussi le couple qui endure cette perte d’élan et l’écroulement de tout un projet de vie. L’enfant disparaît et emmène avec lui, le bonheur présent et « a-venir »… Se mélange alors tristesse et colère, deux émotions étroitement liées & complices;

L’homme est atteint psychiquement dans ce qu’il avait projeté et qu’il ne trouvera pas dans sa réalité…
La femme garde l’empreinte corporelle de l’enfant passé, et d’une maternité court-circuitée, qui ne s’est pas incarnée…
Alors comment ne pas se perdre de vue quand chacun se mure dans son silence et dans sa peine?
Comment se retrouver dans le croisement tumultueux des étapes du deuil et des défenses de chacun (déni, fuite…) ?

  • La famille proche

A vouloir trop bien faire, on accélère ….
L’impuissance est un sentiment bouleversant qui pousse souvent à dénier ou à banaliser pour passer outre la situation et en projeter une autre, plus satisfaisante, qui vient apaiser la personne impuissante… mais certainement pas la personne concernée. Vouloir aller trop vite enferme souvent le parent endeuillé à banaliser lui-même sa douleur car il n’a pas l’espace de la verbaliser ni de l’exprimer. Sentir que la famille ne peut supporter cette fragilité psychique peut entraîner un sentiment de rejet et un isolement qui ne permet pas de communiquer : Comment poser et entendre les besoins et limites de chacun ?

L’association veut offrir un espace de partage et d’écoute pour permettre aux familles de se retrouver et de s’accepter dans ce que chacun vit d’éprouvant. Telle une « médiation », elle ne prend pas partie mais permet de recevoir l’histoire de ces familles et de prendre du recul pour mieux l’appréhender. C’est un soutien qui peut amener apaisement dans la communication ou ouvrir l’échange lorsqu’il n’a pu se faire, en mettant du sens sur les enjeux du deuil et sur la place et le lien de chaque membre de la famille avec ce bébé qui n’est pas là.